Dans le 93, en Seine Saint Denis, des lycéens issue de la diaspora africaine et en situation irrégulière, étudient avec la peur d’être expulsés, au vue des restrictions et durcissement d’accès aux papiers, nécessaires pour la circulation et les études supérieures. Depuis la circulaire Retailleau, les lycéens étrangers ne peuvent plus se régulariser. Soutenus par les équipes pédagogiques, ils racontent le « combat » qu’est leur vie et la peur des OQTF qui plane. Des propos recueillis par Politis.
D’après le site d’information, des lycéens étrangers vivent avec la peur. Ils étudient ici. Ils grandissent ici. Mais leurs papiers ne suivent pas. Depuis la circulaire Retailleau de janvier 2025, leur avenir paraît encore plus bloqué. Les démarches avancent à reculant et les refus ne cessent de tomber. D’ailleurs la menace d’une obligation de quitter le territoire plane sur beaucoup d’entre eux. Un lycéen marocain en a fait les frais en décembre 2025. Il a été expulsé vers son pays d’origine, signale l’article.
Des lycéens sans-papiers étudient avec la peur d’être expulsés
En effet, plusieurs élèves d’un lycée professionnel du 93 racontent la même fatigue. Ils parlent de longue attente mais aussi d’un silence administratif. Ajoutée à cela, la peur constante d’une expulsion. Certains n’osent même plus déposer de dossier. Ils pensent qu’une demande peut se retourner contre eux. Pour ces jeunes issus de l’exil, la vie en France ressemble désormais à un passage sans garantie. Ils vont en cours, préparent leur avenir, mais l’État leur rappelle chaque jour qu’ »ils ne sont pas à leur place ».
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L’un d’eux est arrivé en France il y a trois ans. Sa demande de régularisation n’a pas abouti. Depuis, il préfère ne plus relancer l’administration de peur de se prendre une OQTF, qui a l’heure actuelle met 3ans avant d’être caduque. Les équipes éducatives ont beau les accompagner, mais ils voient la situation se durcir sous leurs yeux. Une assistante pédagogique explique d’ailleurs qu’aujourd’hui, presque aucun de leurs élèves n’arrive à obtenir une régularisation. Dans un lycée, une cinquantaine de jeunes sur 500 sont en situation irrégulière ou risquent de l’être à leur majorité. Des professeurs disent avoir découvert l’ampleur du problème en accompagnant les élèves dans leurs démarches.
La circulaire Retailleau, un avant-goût de l’enfer
La nouvelle ligne fixée par la circulaire Retailleau a changé la donne. Selon les élèves suivis, les conditions se sont encore resserrées. Le temps de présence demandé en France a été allongé. La logique des métiers dits “en tension” a été renforcée. Et les refus de titre s’accompagnent plus facilement d’une OQTF. Pour ces jeunes de la diaspora, le message est brutal. Ils doivent prouver toujours plus, alors même qu’ils sont déjà scolarisés, insérés et entourés.
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Cependant, un collectif de 11 établissements s’est organisé pour soutenir ces élèves. Des courriers ont été envoyés à la préfecture pour tenter d’amorcer la situation. Entre-temps, plusieurs rassemblements ont eu lieu en novembre de l’année dernière, puis en février de cette année pour demander l’accès au droit des plus jeunes . Une cérémonie de parrainage républicain devait aussi se tenir ce 10 avril à la mairie de Saint-Denis. Mais malgré cette mobilisation, la situation reste toujours bloquée.
Source : Politis